les courts-métrages
La cour des miracles
Le projet a pris vie pour la première fois aux Moulins, avec le tournage de La Cour des Miracles, réalisé au printemps 2025 par Francesco Bernal, jeune cinéaste formé à Nice. Le film suit trois adolescents qui se retrouvent dans la cour de leur immeuble pour répéter une scène de Don Quichotte pour l’école. Une image rare et tendre, au coeur d’un quartier souvent filmé autrement.
Tourné en deux jours avec un casting entièrement local, le film s’est appuyé sur les ressources du quartier : décors naturels, salle mise à disposition par les services de médiation pour les répétitions et le casting.
Il montre que Bleu Béton est un projet réalisable, ancré dans le réel, et capable de faire émerger des récits sensibles à partir de peu.
Les sans feu
À la tombée de la nuit, dans un quartier populaire bordé de barres d’immeubles et traversé par le bruit constant de l’autoroute, Amir, un épicier vieillissant, ferme son commerce sous le regard silencieux de Nalya, une petite fille qu’il accompagne. Entre gestes du quotidien et silences pesants, ils regagnent leur appartement, où la routine semble suspendue à une étrange instabilité.
Peu à peu, des phénomènes troublants apparaissent : les lampadaires du quartier s’éteignent et se rallument sans logique, plongeant par instants les habitants dans l’obscurité. Amir observe, d’abord à distance, ces variations lumineuses qui semblent suivre des présences, comme si la ville elle-même respirait ou réagissait.
Au fil de la nuit, son regard se fait plus inquiet, plus habité. Tandis que Nalya veille depuis la fenêtre, leurs deux solitudes se rejoignent dans une même attente. Attiré par cette lumière instable, Amir finit par s’y confronter, cherchant à comprendre ce qui, dans l’ombre, lui échappe encore.
LES COINS DU QUARTIER
À Roquebillière, Yasmine, mère célibataire, rentre chez elle en fin de journée pour préparer le dîner. Mais son fils Nabil n’est pas là. Elle s’en va à la recherche de son fils dans le quartier.
Gotham ne dort pas
Dans une ville où la liberté se compte en secondes, deux jeunes hommes se heurtent à leurs propres chaînes. À l’heure où le bracelet électronique devrait sonner, Frika rentre pour ses cinq dernières minutes, tandis que BK, lui, casse ses chaînes pour vivre ses premières.
Ce récit, tendu et entremêlé, suit le passage de deux corps dans une ville en mouvement – entre contrainte, désir de liberté et tension sociale.
Ghotham ne dort pas s’appuie sur un ancrage local fort, inspiré de vécus réels. Les protagonistes sont incarnés par des artistes issus de quartiers niçois, dont celui de Trachel, et contribuent aussi à l’univers sonore du film, enrichissant ainsi la bande‑originale d’un point de vue intime et organique. Le projet a été construit avec et pour ce territoire, en collaboration avec des habitants, musiciens et structures locales, donnant une voix cinématographique à des perspectives souvent invisibilisées