LES COINS DU QUARTIER

SYNOPSIS

À Roquebillière, Yasmine, mère célibataire, rentre chez elle en fin de journée pour préparer le dîner. Mais son fils Nabil n’est pas là. Son téléphone resté dans la chambre, impossible de le joindre. Inquiète, elle part à sa recherche à travers le quartier.

De l’épicerie au stade, des halls d’immeubles aux points de deal, Yasmine interroge voisins, commerçants et jeunes qu’elle croise. Tous la connaissent, certains avec bienveillance, d’autres avec lassitude. Chacun a une réponse, mais aucune ne la rapproche de son fils. À mesure que la journée décline, son errance dessine le portrait d’un quartier vivant, solidaire par moments, mais aussi traversé par des tensions et une violence latente.

Sa quête devient peu à peu mécanique, presque familière. Comme si cette recherche s’était déjà répétée, encore et encore. Jusqu’à ce que la nuit tombe.

De retour chez elle, son frère tente de la ramener à la réalité. Nabil ne rentrera pas. Derrière cette recherche ordinaire se cache une absence irréversible : l’adolescent a été tué, victime collatérale d’un règlement de comptes lié au narcotrafic.

À travers le déni d’une mère et l’indifférence progressive du quartier, le film révèle une tragédie intime et contemporaine : celle de familles brisées par une violence devenue quotidienne, où même le foyer ne protège plus.

ANCRAGE LOCAL

Je vis à Nice depuis plus de vingt ans. Depuis octobre 2004 plus précisément, la date à laquelle nous avons émigré en France avec ma famille. Nous avons passé une nuit dans le quartier de l’Ariane, puis les vingt années suivantes à Nice, entre Bon Voyage et Riquier.
Naturellement, c’est une ville que j’affectionne particulièrement. C’est ici que j’ai appris à parler français, que j’ai rencontré des personnes avec qui je suis encore ami, que j’ai fait mes études, mes 400 coups, mes premiers courts métrages, ainsi que mon premier long métrage.
Quand on m’a proposé de rejoindre le projet BLEU BETON, j’ai tout de suite accepté. L’idée de refaire un court métrage en mettant à l’honneur un quartier niçois m’a immédiatement séduit.
Nice est une ville particulière, une arène où la misère côtoie la richesse. Raconter l’envers de la carte postale, plonger dans ses quartiers Est, parmi les plus pauvres de France, et en montrer la réalité, parfois très dure, est essentiel pour moi.
Nice est une ville de passage, un territoire pris en tenaille entre mer et montagne, où se croisent des dizaines de communautés venues du monde entier, ayant fui leur pays à un moment ou à un autre de leur histoire, en quête d’un avenir meilleur.
C’est cette réalité-là que j’ai envie de filmer, et de transmettre.

ASSOCIATION JEM

Jeunesse en Mouvement (JEM) est une association implantée à Nice depuis 2014, principalement active dans les quartiers de Nice-Est. Son action repose sur une présence de terrain forte et une volonté de créer du lien social durable entre les habitants, en particulier les jeunes. Elle s’adresse prioritairement aux 15–25 ans, tout en impliquant également les familles et les acteurs locaux.

L’association développe des actions concrètes et accessibles à tous : activités sportives, événements culturels, animations de quartier et initiatives collectives. Ces actions visent à favoriser la mixité sociale, encourager la participation citoyenne et renforcer le vivre-ensemble. Grâce à cette approche de proximité, JEM touche des publics parfois éloignés des structures traditionnelles.

Au-delà de l’animation locale, Jeunesse en Mouvement joue un rôle essentiel de médiation sociale. Elle agit comme un relais entre les habitants et les institutions, contribuant à prévenir les comportements à risque et à accompagner les jeunes dans leur parcours personnel et social.

Inscrite dans une démarche d’éducation populaire, l’association privilégie l’écoute, l’accompagnement et l’engagement collectif. Elle encourage les jeunes à devenir acteurs de leur environnement et à s’impliquer dans des projets positifs pour leur quartier.

Par son ancrage local et sa connaissance du terrain, Jeunesse en Mouvement s’impose comme un acteur de proximité important, contribuant au dynamisme social et à la cohésion des quartiers niçois.

AKAKI POKHADZE

Akaki est né en Géorgie en 1991 et grandit en Russie jusqu’à l’âge de 13 ans. En 2004, il s’installe à Nice avec sa famille, où il apprend le français au fil des rencontres et en regardant les épisodes d’Hercule Poirot à la télévision.

Issu d’un milieu modeste, il travaille très jeune comme agent de sécurité et serveur en boîte de nuit à Monaco et à Saint-Tropez. Témoin du faste et des excès de ces milieux, il commence à écrire pour donner forme à ce qu’il observe. Il renoue alors avec son rêve d’enfance : faire du cinéma, et intègre l’ESRA à Nice.

En 2017, il écrit et réalise Le Soleil des nuits blanches, sélectionné notamment au POFF Shorts (Tallinn Black Nights Film Festival). En 2019, il réalise Je vois, un moyen-métrage en un plan-séquence de 36 minutes, récompensé au Festival européen du film de Nice et par le prix Qualité CNC.

En 2023, il réalise Ici en silence tout hurle, présenté à Clermont-Ferrand 2024, ainsi que son premier long-métrage Brûle le sang, avec Nicolas Duvauchelle, Finnegan Oldfield et Denis Lavant, distribué en France par ARP Sélection en janvier 2025.